SPEAKER_00
Charles, bienvenue. Bienvenue, très très heureux de pouvoir faire cette séance de clôture tous les deux, avec quelques personnes dans la salle également. Tu es le CTO et cofondateur d'Alan. Alan, c'est 4 millions de membres. Vous êtes présents en France, Belgique, Espagne, Canada. C'est une success story à la française. Mais avant qu'on commence, moi j'ai une petite question pour toi. Et je crois que ce soir, il y a un de tes investisseurs qui va commencer un truc qui s'appelle la Coupe du Monde. Et moi j'aimerais bien savoir si tu as dû changer les dates de ton investisseur Rocho ou tu lui as donné une permission pour qu'il puisse représenter l'équipe de France.
SPEAKER_00
[SPEAKER_01] Déjà, merci beaucoup Laurent de m'accueillir ici. [SPEAKER_01] Je suis très content d'être parmi vous aujourd'hui.
SPEAKER_01
En effet, Kylian Mbappé a investi chez Alan. Ça a été un grand moment pour les 10 ans d'Alan, où il est venu avec nous et il nous a parlé de sa vision de la santé. Mais quoi de mieux qu'un athlète de haut niveau pour parler de la santé, parce que la santé c'est vraiment son outil de travail. Donc après, on ne lui a pas donné de permis. C'est plutôt lui qui est assez difficile de caler dans les différents agendas. [SPEAKER_00] Bon, pendant que Kylian se prépare pour ce soir, nous on va parler un petit peu de cette belle histoire que tu as co-créé avec Jean-Charles Samuel Lian, co-fondateur.
SPEAKER_01
[SPEAKER_00] Et peut-être ma première question, c'est... Toi, tu avais commencé ta carrière chez Facebook, Instagram, Twitter. [SPEAKER_00] Et à un moment donné, tu t'es dit, en fait, je vais me lancer dans un secteur qui n'est quand même pas simple, de lancer une société dans le secteur de la santé en France, avec une vraie teneur technologique.
SPEAKER_00
C'était quoi ton intuition à ce moment-là? [SPEAKER_01] Alors déjà, en fait, moi j'étais parti aux États-Unis pour apprendre. [SPEAKER_01] J'étais dans la Silicon Valley, j'ai pu apprendre chez Facebook, Instagram, Twitter. [SPEAKER_01] J'ai pu acquérir beaucoup de compétences en technologie. [SPEAKER_01] Mais au fond de moi, j'avais envie de rendre à la société. [SPEAKER_01] J'avais envie de créer quelque chose qui ait du sens pour chacun sur la santé. [SPEAKER_01] En plus, avec Jean-Charles, on avait des problèmes de santé dans nos familles respectives.
SPEAKER_00
[SPEAKER_01] Où, si on avait un petit peu plus fait de prévention, on aurait peut-être pu avoir des résultats qui étaient un tout petit peu différents. [SPEAKER_01] Et donc, notre sujet, c'est comment est-ce qu'on peut rentrer en France, pouvoir rendre à la France ce qu'elle nous avait donné, par nos études notamment, et donc créer un champion de la santé, à la fois en utilisant le meilleur de la technologie et aussi en réinventant la manière dont on peut construire une entreprise.
SPEAKER_01
On a vraiment essayé de construire Alan sur ces deux piliers. Et donc, dix ans plus tard, Alan, c'est 1,2 million de membres, c'est 800 millions de revenus annuels récurrents, c'est 800 personnes, c'est plus de 35 000 entreprises qui sont couvertes par Alan. Et surtout, c'est une vision de comment est-ce qu'on peut transformer la manière dont on vit sa santé en pouvant la gérer directement depuis son téléphone avec le meilleur de la technologie. [SPEAKER_00] Donc, je comprends le cheminement. [SPEAKER_00] Il y a dix ans en arrière, et moi j'ai eu l'occasion, et merci, de pouvoir participer à la célébration des dix ans d'Alan.
SPEAKER_01
[SPEAKER_00] C'était un moment absolument exceptionnel. [SPEAKER_00] J'ai encore ma fille qui a Camo et qui ne le quitte pas. [SPEAKER_00] Je voulais l'emmener aujourd'hui, je n'ai pas réussi. [SPEAKER_00] Mais ce que je trouve assez fascinant, c'est qu'il y a dix ans en arrière, le secteur de la tech en France, on était encore au début. [SPEAKER_00] Quelque part, la French Tech venait d'émerger, 2013 environ. [SPEAKER_00] 2016, on commence à avoir un vivier d'entrepreneurs qui commencent à prendre forme. [SPEAKER_00] Et petit à petit, on est aujourd'hui, 2026. [SPEAKER_00] Quand tu regardes ces dix dernières années, comment tu vois finalement cette évolution?
SPEAKER_01
[SPEAKER_00] Qu'est-ce qui a changé? [SPEAKER_00] Quels ont été les freins, les accélérateurs qui ont permis finalement à être à Alan ce qu'est aujourd'hui, mais également peut-être plus largement le système de la tech en France? Si on se remet en 2016, le secteur de la tech, il n'était pas encore très vibrant. Il y avait eu des efforts, il y a eu un changement un peu de perception politique qui a fait qu'au milieu des années 2010, on a eu un petit peu plus de volonté de créer des nouveaux acteurs et d'accompagner les startups. Donc on s'est créé, on a pu bénéficier avec Alan de ce changement de mentalité.
SPEAKER_01
Mais le problème, c'est qu'il n'y avait pas vraiment de grands frères, de grandes sœurs qui avaient vécu le sujet de la création de belles entreprises et surtout le scaling de belles entreprises.
SPEAKER_00
[SPEAKER_01] On a à peu près raté pendant 10 ans le fait de construire des belles boîtes. [SPEAKER_01] Il y a peut-être eu Criteo parmi les belles boîtes, peut-être Blablacar, mais à part ça, pas grand-chose qui avait émergé. [SPEAKER_01] La différence qu'on a entre 2016 et aujourd'hui, c'est que maintenant on a commencé à avoir des entreprises qui valent plusieurs milliards, qui commencent à peser, qui peuvent avoir des ambitions mondiales, qui peuvent construire avec vraiment une volonté de regarder vers l'extérieur et créer des écosystèmes autour d'eux. [SPEAKER_01] Et je pense que c'est ça qu'il faut retenir, c'est qu'on n'avait quasiment rien en 2016.
SPEAKER_00
[SPEAKER_01] Maintenant, on a vraiment des écosystèmes de startups. [SPEAKER_01] On a publié hier le classement Next 40, French Tech 120. [SPEAKER_01] On voit de très belles boîtes là-dedans. [SPEAKER_01] Après, ça n'est que le début. [SPEAKER_01] On reste encore vraiment sous l'échelle qu'il faut pour pouvoir être vraiment de très grandes entreprises.
SPEAKER_00
[SPEAKER_01] qui peuvent construire avec vraiment une volonté de regarder vers l'extérieur et créer des écosystèmes autour d'eux. Et je pense que c'est ça qu'il faut retenir, c'est qu'on n'avait quasiment rien en 2016. Maintenant, on a vraiment des écosystèmes de startups. On a publié hier le classement Next 40, French Tech 120. On voit de très très belles boîtes là-dedans. Après, ça n'est que le début. On reste encore vraiment sous l'échelle qu'il faut pour pouvoir être vraiment des très grandes entreprises comme on peut en voir aux États-Unis et en Chine. Mais je pense qu'il faut passer par là si on veut derrière recouvrer une certaine forme à la fois de souveraineté géopolitique, mais surtout une souveraineté économique qui, à mon avis, a du sens en créant des nouveaux acteurs.
SPEAKER_00
Ce que je trouve super intéressant, c'est que je sais que tu as vraiment à cœur ce rôle aussi de grand frère, peut-être d'accompagner des nouvelles pépites dans l'exemplarité de ce qu'essaye de faire Dallan. Et je sais que tu échanges avec moi sur le fait que réussir aussi dans votre mission, c'est super important pour cette exemplarité de permettre finalement à ces sociétés-là de pouvoir continuer à exister avec le niveau de confiance nécessaire parce qu'on voit que le grand frère est réussi. Est-ce que tu peux nous dire un petit peu, peut-être, comment tu vois ce rôle-là et quels sont les accélérateurs qui sont nécessaires pour continuer à accompagner ces nouvelles pousses ?
SPEAKER_00
[SPEAKER_01] Exactement. Déjà, il y a quelque chose qu'on voit dans l'écosystème, c'est qu'on se plaint beaucoup que l'État ne soit pas assez acheteur, assez bon à justement créer des carnets de commandes pour les startups. Pour moi, ça s'explique par une sorte de manque de confiance. C'est que pour avoir des grands contrats de l'État, par exemple, il faut en fait réussir à créer suffisamment de confiance pour que l'État puisse dire, bon ben je vous donne ces gros contrats parce que je sais que derrière, ça va marcher. C'est un peu le classique, tu en parlais d'ailleurs, le classique, jamais personne ne s'est fait virer pour avoir acheté IBM. L'idée, c'est en fait, on ne prend pas de risques et donc on va vers ceux avec qui on va avoir confiance. Donc le sujet, c'est comment est-ce que des acteurs qui émergent peuvent créer cette confiance ? Et nous, on l'a créée au fur et à mesure avec Alan et notamment les deux dernières années, on a gagné des grands contrats avec l'État, notamment avec le ministère de l'Écologie, le ministère des Finances, les services du Premier ministre. Mais l'enjeu derrière, ce n'était pas seulement de gagner. Parce qu'on peut gagner, en fait, si on fait un boulot terrible derrière. En fait, juste, ils ne vont donner aucun contrat, non seulement à Alan, mais aussi à toutes les entreprises du secteur technologique parce qu'ils se diront, les startups, on sait, ça ne marche pas, ça ne délivre pas. Une fois qu'ils ont gagné le contrat, ils se disent, c'est fini et ils ne travaillent pas. Non. Nous, ce qu'on a fait, c'est qu'on a voulu être extrêmement compétents une fois qu'on avait gagné le contrat. Et là-dessus, Stripe nous aide un petit peu en étant notre fournisseur. Mais c'est vraiment la compétence opérationnelle qui, derrière, fait que cette confiance se crée. Et donc, l'État se dit, bon, en fait, c'est une bonne idée de confier des contrats à des entreprises qui sont sérieuses et qui pourront émerger. Et je pense que c'est comme ça qu'au fur et à mesure, on crée cette souveraineté économique, c'est que le privé va suppléer le public et le public va pouvoir faire confiance au privé dans ces situations.
SPEAKER_00
Alors moi, j'aimerais peut-être qu'on parle un petit peu aussi d'un sujet qui, je sais, est important pour un bon nombre d'acteurs dans cette salle, c'est l'international. Alan est présent dans plusieurs pays, comme on le disait en introduction. Bien évidemment, le secteur de la santé, il est très spécifique pays par pays, que ce soit en termes de normes, de réglementations, mais également de cultures. Quelles ont été, quelque part, peut-être les surprises ou les éléments compliqués qu'il a fallu être capable de surpasser quand vous êtes lancé à l'international ?
SPEAKER_00
[SPEAKER_01] Alors, ça n'a pas vraiment été des surprises, parce qu'on savait déjà que les systèmes de santé étaient vraiment extrêmement différents d'un pays à l'autre. Donc ça, c'est quelque chose qu'on savait. Donc on a construit Alan dans quatre pays. À chaque fois, il fallait, au début, reconstruire de zéro chaque pays. Bon, on a reconstruit, on a appris. Et à partir du quatrième pays, on s'est dit, maintenant, on va pouvoir apprendre de ces différents pays, comprendre quelles sont les idiosyncrasies de chaque pays, et quels sont les thèmes qui sont communs à tous les pays. Donc on a créé une forme de globalisation de notre système. Et au fur et à mesure, on a réintégré ce qu'on avait construit de manière un petit peu custom pour chaque pays à notre plateforme globale. L'autre avantage qu'on a chez Alan,
SPEAKER_00
[SPEAKER_01] On s'est dit, maintenant, on va pouvoir apprendre de ces différents pays, comprendre quelles sont les idiosyncrasies de chaque pays, et quels sont les thèmes qui sont communs à tous les pays. Donc on a créé une forme de globalisation de notre système. Et au fur et à mesure, on a réintégré ce qu'on avait construit de manière un peu custom pour chaque pays à notre plateforme globale.
SPEAKER_01
L'autre avantage qu'on a chez Alan, c'est que le corps humain est plus ou moins le même dans tous les pays. Donc ça nous a permis, en fait, que tous les sujets de santé soient plus ou moins équivalents. Donc on a pu construire des produits qui scaler à l'échelle mondiale.
SPEAKER_01
Après, le sujet, c'est que, en santé, comme c'est tellement difficile de créer quelque chose d'international sur les différents pays, c'est devenu une barrière insurmontable, ce qui fait qu'il n'y a eu aucun acteur qui a pu scaler au niveau international. Et donc, nous, on a vu ça à la fois comme une malédiction, mais plutôt comme une chance et une opportunité. Parce que, justement, avec les agents IA aujourd'hui, on peut étendre notre surface de produit de manière beaucoup plus facile que c'était le cas, ne serait-ce qu'il y a cinq ans.
SPEAKER_01
Et donc, on va pouvoir prendre le sujet international et créer des expériences système beaucoup plus facilement que c'était le cas auparavant. Donc, on pense qu'on a la chance, là, d'être face à un marché qu'on va pouvoir prendre de manière globale, ce qui n'avait jamais été le cas auparavant.
SPEAKER_01
[SPEAKER_00] Alors, j'ai entendu IA, ça va me donner une opportunité, rapidement, de rebondir sur ce sujet. Mais peut-être juste avant d'aller en profondeur sur l'IA et comment elle est utilisée au sein d'Alan, moi, j'aimerais peut-être, si tu as un conseil à donner à un entrepreneur sur l'international, ça paraît toujours trop tôt ou trop tard. En fait, l'international, il faut le considérer comment?
SPEAKER_01
À mon avis, il faut y aller tôt, même si c'est pour se planter. Trop souvent, on a des entreprises qui se disent, bon, je vais essayer de creuser en France et en fait, qui creuse, qui creuse, qui creuse. Et en fait, les marchés sont assez profonds et ils n'arrivent jamais à sortir de leur trou.
SPEAKER_01
Et nous, on a fait le pari un peu inverse. Donc, tout le monde nous a dit, c'est trop tôt d'aller de manière internationale en 2020. Mais en fait, on savait que pouvoir répliquer de manière internationale le succès d'Alan, ça allait prendre du temps. Et au bout de 6 ans, là, ça marche extrêmement bien en Belgique. On a dû beaucoup plus itérer, par exemple, en Espagne. Mais ça fait qu'on a pu maintenant se déployer au Canada. On se déploiera dans d'autres pays.
SPEAKER_01
Mais si on ne s'était pas dit, on va se déployer rapidement, en fait, on aurait pu rester sur le marché français pendant, je pense, des décennies. Et la plupart de nos concurrents sont uniquement sur le marché français. Mais par contre, si on veut faire rayonner la France, d'une certaine manière, il faut qu'on aille au-delà de nos frontières. Et donc, y aller de manière assez rapide, je pense que ça a du sens. Ça coûte cher, mais c'est important de planter la graine très tôt.
SPEAKER_01
[SPEAKER_00] C'est aussi ce qu'on voit chez Stripe, c'est que finalement, les nouvelles entreprises, les start-up, dès la première année, sont présentes dans plus de 60 pays. Et donc, finalement, elles considèrent que global, c'est le nouveau marché, c'est le nouveau terrain de jeu et que si historiquement, finalement, on essayait de pénétrer un marché, en général, son marché domestique, ce n'est plus du tout le cas aujourd'hui, notamment pour les nouvelles sociétés d'IA et les nouvelles start-up.
SPEAKER_01
[SPEAKER_00] Parlons un petit peu d'IA, si tu veux bien. Alors, je sais que Mo, c'est votre assistant IA de santé. Moi, ce que j'aimerais peut-être, dans un premier temps, c'est de comprendre un petit peu dans le secteur de la santé, bien évidemment, l'IA, c'est un enjeu majeur parce que c'est un enjeu de confiance essentiel. On ne peut pas dire n'importe quoi. Et j'aimerais d'abord comprendre un petit peu comment vous avez décidé d'utiliser l'IA au sein d'Alan.
SPEAKER_01
[SPEAKER_00] J'imagine que vous avez dû poser un cadre sur ce que vous voulez faire, sur quoi vous voulez expérimenter, sur quoi vous voulez finalement lancer votre IA, que ce soit pour des usages internes, mais surtout pour des usages externes. Comment vous avez établi un petit peu votre feuille de route, le cadre, pour être capable de faire de Mo, cet assistant, et faire de l'IA quelque chose [SPEAKER_00] d'utiliser l'IA au sein d'Alan. [SPEAKER_00] J'imagine que vous avez dû poser un cadre [SPEAKER_00] sur ce que vous voulez faire, [SPEAKER_00] sur quoi vous voulez expérimenter, [SPEAKER_00] sur quoi vous voulez finalement lancer votre IA,
SPEAKER_01
[SPEAKER_00] que ce soit pour des usages internes, [SPEAKER_00] mais surtout pour des usages externes. [SPEAKER_00] Comment vous avez établi un petit peu [SPEAKER_00] votre feuille de route, [SPEAKER_00] le cadre, [SPEAKER_00] pour être capable de faire de Mo, [SPEAKER_00] cet assistant, [SPEAKER_00] et faire de l'IA quelque chose [SPEAKER_00] finalement d'utilisable au sein, [SPEAKER_00] pour tous les alaneurs ? Déjà, moi, j'ai une formation formelle en IA aux alentours de 2010-2011, qui était bien avant tout ce qui était IA générative,
SPEAKER_00
[SPEAKER_01] mais en fait, ça m'a toujours donné envie [SPEAKER_01] de mettre de l'IA sous une certaine forme [SPEAKER_01] dans Alan. [SPEAKER_01] Donc on avait cette vision depuis le début [SPEAKER_01] que l'intelligence artificielle [SPEAKER_01] serait extrêmement importante. [SPEAKER_01] Après, on ne pouvait pas s'attendre [SPEAKER_01] à ce qui s'est passé ensuite, [SPEAKER_01] mais on a quand même mis les bases [SPEAKER_01] de comment est-ce qu'on pourrait travailler [SPEAKER_01] de manière efficace avec l'IA.
SPEAKER_01
Ça a pas mal changé autour de fin 2021, début 2022, où on a senti que les modèles type GPT-3 étaient devenus extrêmement puissants. Et à ce moment-là, on s'est dit on va commencer à transformer l'entreprise avec de l'IA. Donc on a commencé à faire ça, avec trois grands pans. D'une part, la productivité des équipes, d'autre part, la productivité des process pour les rendre moins chers et de meilleure qualité. Et enfin, la création de nouveaux produits qui n'auraient jamais pu exister avant l'IA. Et donc, notamment, notre agent médical, on a commencé à le construire en 2023-2024, sous l'impulsion d'une personne
SPEAKER_01
qui était notre premier ingénieur, qui s'appelle Antoine Lysé, qui a pris le sujet et qui a dit « Moi, j'ai envie de créer cet agent médical, parce que c'est la première fois qu'on peut créer quelque chose qui a vraiment du sens dans la santé avec de l'IA. » C'était un petit peu avant tous les frameworks d'agents, etc. Donc on a tout reconstruit chez nous. On a construit notre propre framework, etc. On a redécouvert à peu près tout de « First principles ». Et on a réussi, en fait, avec une collaboration entre ingénieurs et médecins, à construire un agent médical avec lequel on a une confiance, on a publié un papier scientifique avec les résultats de notre IA.
SPEAKER_01
80% des gens préfèrent utiliser notre IA que d'attendre une demi-heure
SPEAKER_00
[SPEAKER_01] pour parler avec un médecin. [SPEAKER_01] Et derrière, 95% des réponses [SPEAKER_01] qui sont données par cet agent IA [SPEAKER_01] sont notées comme bonnes ou excellentes [SPEAKER_01] par des médecins qui revoient les conversations. [SPEAKER_01] Et donc, à la fin, le sujet, c'est [SPEAKER_01] est-ce qu'on peut utiliser, [SPEAKER_01] à bon escient, ces outils-là [SPEAKER_01] pour donner une expérience [SPEAKER_01] qui est complètement différente [SPEAKER_01] au niveau de la santé ? [SPEAKER_01] Et je pense que c'est ce qu'on a réussi à faire avec moi. [SPEAKER_01] C'est génial. Moi, j'aimerais peut-être qu'on aille peut-être même au-delà d'Alan.
SPEAKER_01
[SPEAKER_00] Je sais également que tu es [SPEAKER_00] cofondateur en opérationnel de Mistral. [SPEAKER_00] Oui. [SPEAKER_00] Et je ne veux pas que tu nous parles [SPEAKER_00] de Mistral nécessairement, [SPEAKER_00] mais plutôt de ton point de vue [SPEAKER_00] sur l'IA en France, [SPEAKER_00] sur l'IA en Europe. [SPEAKER_00] Pourquoi c'est un sujet essentiel [SPEAKER_00] et qu'est-ce que tu vois avec tes yeux [SPEAKER_00] en termes d'adoption [SPEAKER_00] et là où tu penses que les gens dans cette salle [SPEAKER_00] devraient mettre l'emphase [SPEAKER_00] dans les prochaines années ? Ce qui est certain, c'est que c'est vraiment une révolution technologique
SPEAKER_01
aujourd'hui que personne n'a pu manquer. Mais ce n'est pas seulement une seule révolution technologique qui a eu lieu aux alentours de 2023-2024, plutôt sous forme de chatbot. Mais c'est aussi une nouvelle révolution technologique avec les agents. Vraiment, le fait que les agents peuvent faire des tâches à la place des humains, ça change encore une fois le jeu complètement. Nous, ce qu'on s'est dit en mi-2022, c'est qu'on était complètement tributaires d'une seule entreprise américaine qui était OpenAI parce qu'on utilisait très fortement GPT-3 à l'époque. Et en fait, on s'est dit il faut absolument qu'on ait un champion européen parce que ça va être pour nous
SPEAKER_01
une forme d'assurance au cas où il y aurait eu des problèmes géopolitiques qui fassent qu'il y ait un découplage brutal qui se passe dans les années suivantes. Il se trouve que c'est ce qui s'est passé plus ou moins ce week-end. Donc, le fait d'avoir fait émerger un champion comme Mistral est devenu extrêmement important. Sur la question de comment est-ce qu'on construit
SPEAKER_01
Il faut absolument qu'on ait un champion européen parce que ça va être pour nous une forme d'assurance au cas où il y aurait eu des problèmes géopolitiques qui fassent qu'il y ait un découplage brutal qui se passe dans les années suivantes. Il se trouve que c'est ce qui s'est passé plus ou moins ce week-end. Donc, le fait d'avoir fait émerger un champion comme Mistral est devenu extrêmement important.
SPEAKER_01
Sur la question de comment est-ce qu'on construit cette souveraineté, je pense que c'est extrêmement important que toutes les entreprises, tous les organismes qui sont sur la couche applicative ou au-dessus, adoptent l'IA, adoptent les agents et se transforment avec les agents. Parce que c'est en se transformant avec des agents que derrière, on va créer suffisamment de demandes pour avoir un écosystème qui sera viable et donc derrière, qui nous permettra d'investir dans plus de compute, plus d'infrastructures, plus de data centers, plus d'électricité. Et en étant capable de construire la valeur sur toute cette chaîne-là, derrière, la France, l'Europe vont avoir une place dans le futur technologique qui se dessine.
SPEAKER_01
Si on ne le fait pas du tout au niveau applicatif ou au-dessus, en fait, on va juste avoir des acteurs qui essayent de se lancer au niveau des modèles, au niveau du compute, qui vont tourner à vide et finalement, qui ne pourront pas faire leurs investissements. Et donc, à la fin, on aura quasiment abandonné le sujet. Donc, il y a vraiment une opportunité pour la France, pour l'Europe, pour les entreprises ici, d'adopter, de comprendre que ça a énormément de valeur et ça en a énormément. Il y a un graphe que je montre souvent pour parler à quel point ça a de la valeur, cette révolution technologique sur l'IA. C'est un graphe de revenus par employés à plein temps chez Alan.
SPEAKER_01
Donc, le revenu par employés à plein temps était en augmentation quasi linéaire pendant plusieurs années jusqu'à 2022 où on a fait notre transformation. Depuis 2022, cette courbe est exponentielle. En fait, on le voit de manière très macro chez Alan, mais chaque personne est capable de créer beaucoup plus de valeur avec les agents IA qu'elle était capable de créer de la valeur avec le software classique.
SPEAKER_01
Et ce sujet-là, en fait, je pense qu'il se réplique dans quasiment toutes les entreprises. Et donc, le sujet, c'est comment est-ce qu'on fait cette transformation de la bonne manière dans ces entreprises pour pouvoir bénéficier de cette explosion et derrière, cette explosion de productivité, on va pouvoir la redistribuer de quatre manières.
SPEAKER_01
Soit on va pouvoir couper les coûts, mais en général, c'est assez court-termiste. Soit on va pouvoir investir ça dans plus de quantités, on va pouvoir traiter plus de choses et donc, par exemple, chez Alan, ça va être dans plus de pays. Soit on va pouvoir augmenter la qualité du rendu, donc on va pouvoir passer un petit peu plus de temps sur chaque cas dans la santé. C'est avoir des médecins qui pourront passer un tout petit peu plus de temps à regarder leurs patients dans les yeux. Ou, la quatrième manière, c'est rendre aux salariés.
SPEAKER_01
En 1930, il y a John Maynard Keynes qui a dit que 100 ans plus tard, on allait travailler 15 heures par semaine. Donc, 100 ans plus tard, c'est 2030. Aujourd'hui, on ne va pas travailler 15 heures par semaine de manière quasi assurée. Mais si on avait voulu garder le niveau de vie de 1930, on pourrait sans doute travailler 15 heures par semaine. Mais le sujet, c'est qu'on a un gain de productivité
SPEAKER_00
[SPEAKER_01] 100 ans plus tard, c'est 2030. Aujourd'hui, on ne va pas travailler 15 heures par semaine de manière quasi assurée. Mais si on avait voulu garder le niveau de vie de 1930, on pourrait sans doute travailler 15 heures par semaine. Mais le sujet, c'est qu'on a un gain de productivité qui est assez énorme qu'on va pouvoir derrière redistribuer de ces quatre manières. Et ton constat par rapport au niveau de maturité de la France, peut-être par rapport à ce que tu vois dans d'autres pays? Alors, ce que je vois aujourd'hui,
SPEAKER_00
[SPEAKER_01] c'est que la France a compris l'importance du sujet. Après, on a une difficulté en France, c'est qu'on a été en retard sur la numérisation, sur la cloudification de notre économie. Et donc, ça met un petit peu plus de temps de se transformer. Je pense que, comme on a compris, on a aujourd'hui le bon mindset pour pouvoir avancer. Après, on reste encore en retard en termes de mindset sur les États-Unis ou la Chine parce qu'ils ont plutôt tendance à se dire on va y aller, on va avancer et on va comprendre ensuite ce qui est bien ou ce qui n'est pas bien. Alors qu'on a tendance un petit peu plus en France, en Europe, à se dire il y a cette nouvelle technologie qui nous fait peur, on va essayer de réglementer d'abord avant de complètement comprendre comment ça allait fonctionner.
SPEAKER_00
Alors, moi, j'aimerais aussi que tu abordes peut-être si tu le veux bien les pratiques managériales parce que peut-être qu'à travers l'IA, il y a des nouveaux outils, des nouvelles possibilités mais il y a aussi des pratiques managériales que vous avez pour l'IA Alan qui, je pense, permettent d'avoir ce terreau fertile pour adopter ces nouvelles technologies. Est-ce que tu veux nous partager un petit peu quelles sont vos pratiques?
SPEAKER_00
[SPEAKER_01] Évidemment. Et ce qui est intéressant, c'est qu'on a mis en place ces pratiques-là depuis le premier jour. Depuis début 2016, on avait l'intuition que, en fait, ce qui serait important, c'est d'avoir le contexte qui soit disponible à tous. Comment on fait pour avoir du contexte qui est disponible à tous? C'est qu'on crée une transparence radicale. Donc, chez Alan, toutes les décisions qui sont prises sont disponibles à tous de manière transparente. Et derrière, c'est travailler à l'écrit. En fait, quand on travaille à l'écrit, on a ce contexte qui est disponible et donc, en tant que personne chez Alan, je peux avoir accès à tout le savoir qui a été accumulé par l'entreprise depuis le début de l'entreprise. Donc, typiquement, ce que ça va vouloir dire, c'est que je vais pouvoir poser la question de pourquoi est-ce qu'on a pris telle décision en 2018. Et autant, avant l'IA, ça pouvait prendre quelques heures de faire l'archéologie pour savoir exactement comment on avait pris cette décision, autant, avec les agents IA, ça prend maintenant quelques secondes et je peux dire de manière très complète pourquoi on prend ces décisions. Et pourquoi c'est important? C'est parce que derrière, ça résout un problème qui s'appelle le problème de la barrière de Chesterton. C'est en gros, on se retrouve avec beaucoup d'entreprises qui disent on fait ça comme ça parce qu'on a toujours fait ça comme ça. Et dans une entreprise comme Alan,
SPEAKER_00
[SPEAKER_01] de manière très complète pourquoi on prend ces décisions. Et pourquoi c'est important? C'est parce que derrière, ça résout un problème qui s'appelle le problème de la barrière de Chesterton. C'est en gros, on se retrouve avec beaucoup d'entreprises qui disent on fait ça comme ça parce qu'on a toujours fait ça comme ça. Et dans une entreprise comme Alan, avec la transparence et le tout à l'écrit, en fait, on est capable de dire on fait ça comme ça pour telle raison précise. Donc derrière, ça veut dire qu'on est capable de dire cette raison précise est caduque. On ne veut plus suivre ce process-là parce que, en fait, cette raison est caduque. Et donc, ça permet aux entreprises d'être beaucoup plus fluides en termes de management. Derrière, pour moi, on a une transformation aussi en termes de management par rapport aux agents parce qu'au lieu d'être avec des gens qui font directement, on fait faire à des agents. Donc, nous, on a déployé des agents sur toutes nos opérations et donc, les gens qui travaillent dans des opérations chez Alan, aujourd'hui, sont beaucoup plus à travailler, à tuner leur agent, à s'assurer que l'agent va faire le bon bloc. Donc, ils vont faire faire plutôt que faire eux-mêmes. Et donc, ça demande un changement assez profond de mindset. Ça veut dire qu'on va avoir des entreprises qui vont être beaucoup moins verticales. Ça veut dire qu'on va avoir des entreprises où le savoir va se diffuser de manière beaucoup plus fluide. Et donc, d'une certaine manière, c'est la réhabilitation d'un penseur français, d'un grand ingénieur français qui s'appelait Henri Fayol qui, justement, pensait l'administration comme la délégation avec beaucoup de pouvoir pour les personnes qui font. Et donc, justement, ce qu'on va voir avec l'IA, c'est qu'on va avoir des gens qui auront beaucoup plus d'autonomie et derrière, ça implique beaucoup de choses en termes d'éducation et de comment on doit former nos jeunes. Ce qui est très clair, c'est que,
SPEAKER_00
de ce que tu décris, je retrouve énormément de pratiques que nous avons chez nous, chez Stripe, la culture de l'écrit, la culture de la transparence absolue, et AI first, et quelque part, comment un problème se traduit par un agent qu'on entraîne. Et donc, c'est très inspirant de voir qu'effectivement, c'est aussi la recette du succès pour être agentique dans nos entreprises. Maintenant, Alan, c'est un succès story à la française qui est exceptionnelle, 10 ans de succès, on vous souhaite encore de très, très, très, très longues années de succès. Moi, ce que j'aimerais bien peut-être que tu nous partages, c'est si tu essayais d'écrire un mémo pour les entrepreneurs, pour la prochaine génération, et tu avais peut-être quelques recommandations en quelques lignes, qu'est-ce que tu voudrais écrire?
SPEAKER_00
[SPEAKER_01] Alors, pour moi, la prochaine génération devrait être ambitieuse. Je pense qu'on a trop longtemps été en Europe un petit peu trop complaisant. Et cette complaisance en a mené certains au déclinisme. Et moi, je pense que la prochaine génération d'entrepreneurs doit avoir ce sens de l'urgence. Le fait que la civilisation française et européenne peuvent mourir, comme le disait Paul Valéry. Mais le sujet, c'est comment est-ce qu'on arrive à redonner de la vigueur à une civilisation. Et je pense que ça passe par l'entrepreneuriat.
SPEAKER_00
[SPEAKER_01] Et moi, je pense que la prochaine génération d'entrepreneurs doit avoir ce sens de l'urgence. Le fait que la civilisation française et européenne peuvent mourir, comme le disait Paul Valéry. Mais le sujet, c'est comment est-ce qu'on arrive à redonner de la vigueur à une civilisation. Et je pense que ça passe par l'entrepreneuriat. Ça passe par le fait de questionner les normes établies. Ça passe par le fait d'essayer de faire des choses qui sont ambitieuses, grandes, et qui derrière pourront faire rayonner le pays un peu partout dans le monde. Et je pense qu'on avait un petit peu oublié ça en France, en Europe. Et là, on a une nouvelle technologie avec l'IA qui nous permet de reprendre un petit peu la main sur notre destin. Et donc, si on a cette urgence et cette ambition, on va arriver à quelque chose de grand effort.
SPEAKER_00
[SPEAKER_01] Charles, vraiment un très grand merci. Moi, je suis très inspiré quand je t'écoute. On est très fiers chez Stripe d'avoir pu accompagner Alan depuis ses débuts. On sera très fiers de pouvoir continuer à vous accompagner pendant encore des années. Merci pour ton partage aujourd'hui. Et moi, je vais en profiter pour faire la clôture. Merci, Laurent. Merci beaucoup.
SPEAKER_00
Et donc, après cette intervention de Charles, à moi de vous souhaiter la fin de Stripe Tour Paris. Ça a été, en tout cas, j'espère pour vous tous un moment de partage, un moment d'échange. Peut-être un moment aussi où vous avez pu découvrir des nouvelles idées. On est très heureux d'avoir pu partager avec vous toutes ces annonces. On sait parfois que ça fait beaucoup de choses à essayer d'absorber en une seule journée. Et bien évidemment, vous avez accès à notre roadmap, mais vous avez accès à toutes nos équipes pour pouvoir continuer ces belles conversations, ces belles rencontres.
SPEAKER_01
[SPEAKER_00] Stripe, on construit l'infrastructure pour vous aider, vous, les entrepreneurs, les bâtisseurs, les dirigeants d'entreprises, à essayer de développer vos entreprises partout où elles se trouvent. Et on essaye de nourrir le développement de nos produits grâce à vos idées, à vos retours et avec beaucoup d'humilité, continuer à nous partager ces retours parce qu'ils sont importants pour nous et ça nous permet de continuer à nous améliorer.
SPEAKER_01
[SPEAKER_00] Je suis également très content d'avoir pu accueillir tous nos partenaires et j'espère que vous avez eu l'opportunité d'aller les rencontrer. Ils sont importants pour l'écosystème de Stripe parce qu'il nous permet de co-construire avec eux les solutions que nous sommes en capacité de vous offrir. [SPEAKER_00] En tout cas, ce mot de clôture, je vous souhaite plein de bonnes choses. Merci à vous tous. Ce soir, c'est la France qui commence cette belle aventure avec Kylian qui sera sur le terrain. Je vous souhaite une bonne fin de journée. En tout cas, merci à tous et allez les bleus. Merci. Merci. Merci. bon, je vais essayer de creuser en France
SPEAKER_01
et en fait, qui creuse, qui creuse, qui creuse. Et en fait, les marchés sont assez profonds et ils n'arrivent jamais à sortir de leur trou. Et nous, on a fait le pari un peu inverse. Donc, tout le monde nous a dit, c'est trop tôt d'aller de manière internationale en 2020. Mais en fait, on savait que pouvoir répliquer de manière internationale le succès d'Alan, ça allait prendre du temps. Et au bout de 6 ans, là, ça marche extrêmement bien en Belgique. On a dû beaucoup plus itérer, par exemple, en Espagne. Mais ça fait qu'on a pu maintenant se déployer au Canada. On se déploiera dans d'autres pays. Mais si on ne s'était pas dit, on va se déployer rapidement,
SPEAKER_01
en fait, on aurait pu rester sur le marché français pendant, je pense, des décennies. Et la plupart de nos concurrents sont uniquement sur le marché français. Mais par contre, si on veut faire rayonner la France, d'une certaine manière, il faut qu'on aille au-delà de nos frontières. Et donc, y aller de manière assez rapide, je pense que ça a du sens. Ça coûte cher, mais c'est important de planter la graine très tôt. C'est aussi ce qu'on voit chez Stripe,
SPEAKER_00
c'est que finalement, les nouvelles entreprises, les start-up, dès la première année, sont présentes dans plus de 60 pays. Et donc, finalement, elles considèrent que global, c'est le nouveau marché, c'est le nouveau terrain de jeu et que si historiquement, finalement, on essayait de pénétrer un marché, en général, son marché domestique, ce n'est plus du tout le cas aujourd'hui, notamment pour les nouvelles sociétés d'IA et les nouvelles start-up. Parlons un petit peu d'IA, si tu veux bien. Alors, je sais que Mo, c'est votre assistant IA de santé. Moi, ce que j'aimerais peut-être, dans un premier temps, c'est de comprendre un petit peu dans le secteur de la santé,
SPEAKER_00
bien évidemment, l'IA, c'est un enjeu majeur parce que c'est un enjeu de confiance essentiel. On ne peut pas dire n'importe quoi. Et j'aimerais d'abord comprendre un petit peu comment vous avez décidé d'utiliser l'IA au sein d'Alan. J'imagine que vous avez dû poser un cadre sur ce que vous voulez faire, sur quoi vous voulez expérimenter, sur quoi vous voulez finalement lancer votre IA, que ce soit pour des usages internes, mais surtout pour des usages externes. Comment vous avez établi un petit peu votre feuille de route, le cadre, pour être capable de faire de Mo, cet assistant, et faire de l'IA quelque chose finalement d'utilisable au sein, pour tous les alaneurs ?
SPEAKER_00
Déjà, moi, j'ai une formation formelle en IA
SPEAKER_01
aux alentours de 2010-2011, qui était bien avant tout ce qui était IA générative, mais en fait, ça m'a toujours donné envie de mettre de l'IA sous une certaine forme dans Alane. Donc on avait cette vision depuis le début que l'intelligence artificielle serait extrêmement importante. Après, on ne pouvait pas s'attendre à ce qui s'est passé ensuite, mais on a quand même mis les bases de comment est-ce qu'on pourrait travailler de manière efficace avec l'IA. Ça a pas mal changé autour de fin 2021, début 2022, où on a senti que les modèles type GPT-3 étaient devenus extrêmement puissants. Et à ce moment-là, on s'est dit on va commencer à transformer l'entreprise avec de l'IA.
SPEAKER_01
Donc on a commencé à faire ça, avec trois grands pans. D'une part, la productivité des équipes, d'autre part, la productivité des process pour les rendre moins chers et de meilleure qualité. Et enfin, la création de nouveaux produits qui n'auraient jamais pu exister avant l'IA. Et donc, notamment, notre agent médical, on a commencé à le construire en 2023-2024, sous l'impulsion d'une personne qui était notre premier ingénieur, qui s'appelle Antoine Lysé, qui a pris le sujet et qui a dit « Moi, j'ai envie de créer cet agent médical, parce que c'est la première fois qu'on peut créer quelque chose qui a vraiment du sens dans la santé avec de l'IA. »
SPEAKER_01
C'était un petit peu avant tous les frameworks d'agents, etc. Donc on a tout reconstruit chez nous. On a construit notre propre framework, etc. On a redécouvert à peu près tout de « First principles ». Et on a réussi, en fait, avec une collaboration entre ingénieurs et médecins, à construire un agent médical avec lequel on a une confiance, on a publié un papier scientifique avec les résultats de notre IA. 80% des gens préfèrent utiliser notre IA que d'attendre une demi-heure pour parler avec un médecin. Et derrière, 95% des réponses qui sont données par cet agent IA sont notées comme bonnes ou excellentes par des médecins qui revoient les conversations.
SPEAKER_01
Et donc, à la fin, le sujet, c'est est-ce qu'on peut utiliser, à bon escient, ces outils-là pour donner une expérience qui est complètement différente au niveau de la santé ? Et je pense que c'est ce qu'on a réussi à faire avec moi. C'est génial. Moi, j'aimerais peut-être qu'on aille
SPEAKER_00
peut-être même au-delà d'Alan. Je sais également que tu es cofondateur en opérationnel de Mistral. Oui. Et je ne veux pas que tu nous parles de Mistral nécessairement, mais plutôt de ton point de vue sur l'IA en France, sur l'IA en Europe. Pourquoi c'est un sujet essentiel et qu'est-ce que tu vois avec tes yeux en termes d'adoption et là où tu penses que les gens dans cette salle devraient mettre l'emphase dans les prochaines années ? Ce qui est certain, c'est que c'est vraiment une révolution technologique.
SPEAKER_01
aujourd'hui que personne n'a pu manquer. Mais ce n'est pas seulement une seule révolution technologique qui a eu lieu aux alentours de 2023-2024, plutôt sous forme de chatbot. Mais c'est aussi une nouvelle révolution technologique avec les agents. Vraiment, le fait que les agents peuvent faire des tâches à la place des humains, ça change encore une fois le jeu complètement.
SPEAKER_01
Nous, ce qu'on s'est dit en mi-2022, c'est qu'on était complètement tributaires d'une seule entreprise américaine qui était OpenAI parce qu'on utilisait très fortement GPT-3 à l'époque. Et en fait, on s'est dit il faut absolument qu'on ait un champion européen parce que ça va être pour nous une forme d'assurance au cas où il y aurait eu des problèmes géopolitiques qui fassent qu'il y ait un découplage brutal qui se passe dans les années suivantes. Il se trouve que c'est ce qui s'est passé plus ou moins ce week-end. Donc, le fait d'avoir fait émerger un champion comme Mistral est devenu extrêmement important. Sur la question de comment est-ce qu'on construit
SPEAKER_01
cette souveraineté, je pense que c'est extrêmement important que toutes les entreprises, tous les organismes qui sont sur la couche applicative ou au-dessus, adoptent l'IA, adoptent les agents et se transforment avec les agents. Parce que c'est en se transformant avec des agents que derrière, on va créer suffisamment de demandes pour avoir un écosystème qui sera viable et donc derrière, qui nous permettra d'investir dans plus de compute, plus d'infrastructures, plus de data centers, plus d'électricité. Et en étant capable de construire la valeur sur toute cette chaîne-là, derrière, la France, l'Europe vont avoir une place dans le futur technologique qui se dessine.
SPEAKER_01
Si on ne le fait pas du tout au niveau applicatif ou au-dessus, en fait, on va juste avoir des acteurs qui essayent de se lancer au niveau des modèles, au niveau du compute, qui vont tourner à vide et finalement, qui ne pourront pas faire leurs investissements. Et donc, à la fin, on aura quasiment abandonné le sujet. Donc, il y a vraiment une opportunité pour la France, pour l'Europe, pour les entreprises ici, d'adopter, de comprendre que ça a énormément de valeur et ça en a énormément. Il y a un graphe que je montre souvent pour parler à quel point ça a de la valeur, cette révolution technologique sur l'IA. c'est un graphe de revenus par employés à plein temps chez Alan.
SPEAKER_01
Donc, le revenu par employés à plein temps était en augmentation quasi linéaire pendant plusieurs années jusqu'à 2022 où on a fait notre transformation il y a. Depuis 2022, cette courbe est exponentielle. En fait, on le voit de manière très macro chez Alan, mais chaque personne est capable de créer beaucoup plus de valeur avec les agents IA qu'elle était capable de créer de la valeur avec le software classique. Et ce sujet-là, en fait, je pense qu'il se réplique dans quasiment toutes les entreprises. Et donc, le sujet, c'est comment est-ce qu'on fait cette transformation de la bonne manière dans ces entreprises pour pouvoir bénéficier de cette explosion et derrière,
SPEAKER_01
cette explosion de productivité, on va pouvoir la redistribuer de quatre manières. Soit on va pouvoir couper les coûts, mais en général, c'est assez court-termiste. Soit on va pouvoir investir ça dans plus de quantités, on va pouvoir traiter plus de choses et donc, par exemple, chez Alan, ça va être dans plus de pays. Soit on va pouvoir augmenter la qualité du rendu, donc on va pouvoir passer un petit peu plus de temps sur chaque cas dans la santé. C'est avoir des médecins qui pourront passer un tout petit peu plus de temps à regarder leurs patients dans les yeux. Ou, la quatrième manière, c'est rendre aux salariés. en 1930, il y a John Maynard Keynes qui a dit
SPEAKER_01
que 100 ans plus tard, on allait travailler 15 heures par semaine. Donc, 100 ans plus tard, c'est 2030. Aujourd'hui, on ne va pas travailler 15 heures par semaine de manière quasi assurée. Mais si on avait voulu garder le niveau de vie de 1930, on pourrait sans doute travailler 15 heures par semaine. Mais le sujet, c'est qu'on a un gain de productivité qui est assez énorme qu'on va pouvoir derrière redistribuer de ces quatre manières. Et ton constat par rapport
SPEAKER_00
au niveau de maturité de la France, peut-être par rapport à ce que tu vois dans d'autres pays ? Alors, ce que je vois aujourd'hui,
SPEAKER_01
c'est que la France a compris l'importance du sujet. Après, on a une difficulté en France, c'est qu'on a été en retard sur la numérisation, sur la cloudification de notre économie. Et donc, ça met un petit peu plus de temps de se transformer. je pense que, comme on a compris, on a aujourd'hui le bon mindset pour pouvoir avancer. Après, on reste encore en retard en termes de mindset sur les Etats-Unis ou la Chine parce qu'ils ont plutôt tendance à se dire on va y aller, on va avancer et on va comprendre ensuite ce qui est bien ou ce qui n'est pas bien. Alors qu'on a tendance un petit peu plus en France, en Europe, à se dire il y a cette nouvelle technologie
SPEAKER_01
qui nous fait peur, on va essayer de réglementer d'abord avant de complètement comprendre comment ça allait fonctionner. Alors, moi,
SPEAKER_00
j'aimerais aussi que tu abordes peut-être si tu le veux bien les pratiques managériales parce que peut-être qu'à travers l'IA, il y a des nouveaux outils, des nouvelles possibilités mais il y a aussi des pratiques managériales que vous avez pour l'IA Lanner qui, je pense, permettent d'avoir ce terreau fertile pour adopter ces nouvelles technologies. Est-ce que tu veux nous partager un petit peu quelles sont vos pratiques ? Évidemment. Et ce qui est intéressant,
SPEAKER_01
c'est qu'on a mis en place ces pratiques-là depuis le premier jour. Depuis début 2016, on avait l'intuition que, en fait, ce qui serait important, c'est d'avoir le contexte qui soit disponible à tous. Comment on fait pour avoir du contexte qui est disponible à tous ? C'est qu'on crée une transparence radicale. Donc, chez Alan, toutes les décisions qui sont prises sont disponibles à tous de manière transparente. Et derrière, c'est travailler à l'écrit. En fait, quand on travaille à l'écrit, on a ce contexte qui est disponible et donc, en tant que personne chez Alan, je peux avoir accès à tout le savoir qui a été accumulé par l'entreprise depuis le début de l'entreprise.
SPEAKER_01
Donc, typiquement, ce que ça va vouloir dire, c'est que je vais pouvoir poser la question de pourquoi est-ce qu'on a pris telle décision en 2018. Et autant, avant l'IA, ça pouvait prendre quelques heures de faire l'archéologie pour savoir exactement comment on avait pris cette décision, autant, avec les agents IA, ça prend maintenant quelques secondes et je peux dire de manière très complète pourquoi on prend ces décisions. Et pourquoi c'est important ? C'est parce que derrière, ça résout un problème qui s'appelle le problème de la barrière de Chesterton. C'est en gros, on se retrouve avec beaucoup d'entreprises qui disent on fait ça comme ça parce qu'on a toujours
SPEAKER_01
fait ça comme ça. Et dans une entreprise comme Alan, avec la transparence et le tout à l'écrit, en fait, on est capable de dire on fait ça comme ça pour telle raison précise. Donc derrière, ça veut dire qu'on est capable de dire cette raison précise est caduque. On ne veut plus suivre ce process-là parce que, en fait, cette raison est caduque. Et donc, ça permet aux entreprises d'être beaucoup plus fluides en termes de management. Derrière, pour moi, on a une transformation aussi en termes de management par rapport aux agents parce qu'au lieu d'être avec des gens qui font directement, on fait faire à des agents. Donc, nous, on a déployé des agents
SPEAKER_01
sur toutes nos opérations et donc, les gens qui travaillent dans des opérations chez Alan, aujourd'hui, sont beaucoup plus à travailler, à tuner leur agent, à s'assurer que l'agent va faire le bon bloc. Donc, ils vont faire faire plutôt que faire eux-mêmes. et donc, ça demande un changement assez profond de mindset. Ça veut dire qu'on va avoir des entreprises qui vont être beaucoup moins verticales. Ça veut dire qu'on va avoir des entreprises où le savoir va se diffuser de manière beaucoup plus fluide. Et donc, d'une certaine manière, c'est la réhabilitation d'un penseur français, d'un grand ingénieur français qui s'appelait Henri Fayol qui, justement,
SPEAKER_01
pensait l'administration comme la délégation avec beaucoup de pouvoir pour les personnes qui font. Et donc, justement, ce qu'on va voir avec l'IA, c'est qu'on va avoir des gens qui auront beaucoup plus d'autonomie et derrière, ça implique beaucoup de choses en termes d'éducation et de comment on doit former nos jeunes. Ce qui est très clair, c'est que,
SPEAKER_00
de ce que tu décris, je retrouve énormément de pratiques que nous avons chez nous, chez Stripe, la culture de l'écrit, la culture de la transparence absolue, et I first, et quelque part, comment un problème se traduit par un agent qu'on entraîne. Et donc, c'est très inspirant de voir qu'effectivement, c'est aussi la recette du succès pour être agentique dans nos entreprises. Maintenant, Alan, c'est une succès storée à la française qui est exceptionnelle, 10 ans de succès, on vous souhaite encore de très, très, très, très longues années de succès. Moi, ce que j'aimerais bien peut-être que tu nous partages, c'est si tu essayais d'écrire un mémo pour les entrepreneurs,
SPEAKER_00
pour la prochaine génération, et tu avais peut-être quelques recommandations en quelques lignes, qu'est-ce que tu voudrais écrire ? Alors, pour moi,
SPEAKER_01
la prochaine génération devrait être ambitieuse. Je pense qu'on a trop longtemps été en Europe un petit peu trop complaisant. Et cette complaisance en a mené certains au déclinisme. Et moi, je pense que la prochaine génération d'entrepreneurs doit avoir ce sens de l'urgence. Le fait que la civilisation française et européenne peuvent mourir, comme le disait Paul Valéry. Mais le sujet, c'est comment est-ce qu'on arrive à redonner de la vigueur à une civilisation. Et je pense que ça passe par l'entrepreneuriat. Ça passe par le fait de questionner les normes établies. Ça passe par le fait d'essayer de faire des choses qui sont ambitieuses, grandes, et qui derrière
SPEAKER_01
pourront faire rayonner le pays un peu partout dans le monde. Et je pense qu'on avait un petit peu oublié ça en France, en Europe. Et là, on a une nouvelle technologie avec l'IA qui nous permet de reprendre un petit peu la main sur notre destin. et donc, si on a cette urgence et cette ambition, on va arriver à quelque chose de grand effort. Charles, vraiment un très,
SPEAKER_00
très, très grand merci. Moi, je suis très, très inspiré quand je t'écoute. On est très fiers chez Stripe d'avoir pu accompagner Alan depuis ses débuts. On sera très fiers de pouvoir continuer à vous accompagner pendant encore des années. Merci pour ton partage aujourd'hui. et moi, je vais en profiter pour faire la clôture. Merci, Laurent. Merci beaucoup.
SPEAKER_00
Et donc, voilà, après cette intervention de Charles, à moi de vous souhaiter la fin de Stripe Tour Paris. Ça a été, en tout cas, j'espère pour vous tous un moment de partage, un moment d'échange. Peut-être un moment aussi où vous avez pu découvrir des nouvelles idées. On est très heureux d'avoir pu partager avec vous toutes ces annonces. On sait parfois que ça fait beaucoup de choses à essayer d'absorber en une seule journée. Et bien évidemment, vous avez accès à notre roadmap, mais vous avez accès à toutes nos équipes pour pouvoir continuer ces belles conversations, ces belles rencontres. Stripe, on construit l'infrastructure pour vous aider, vous, les entrepreneurs,
SPEAKER_00
les bâtisseurs, les dirigeants d'entreprises, à essayer de développer vos entreprises partout où elles se trouvent. et on essaye de nourrir le développement de nos produits grâce à vos idées, à vos retours et avec beaucoup d'humilité, continuer à nous partager ces retours parce qu'ils sont importants pour nous et ça nous permet de continuer à nous améliorer. Je suis également très content d'avoir pu accueillir tous nos partenaires et j'espère que vous avez eu l'opportunité d'aller les rencontrer. Ils sont importants pour l'écosystème de Stripe parce qu'il nous permet de co-construire avec eux les solutions que nous sommes en capacité de vous offrir. En tout cas,
SPEAKER_00
ce mot de clôture, je vous souhaite plein de bonnes choses. Merci à vous tous. Ce soir, c'est la France qui commence cette belle aventure avec Kylian qui sera sur le terrain. Je vous souhaite une bonne fin de journée. En tout cas, merci à tous et allez les bleus. Merci. Merci. Merci. Sous-titrage ST' 501